La petite mousse n’a pas déserté les zincs de France. Bien au contraire. Autrefois boisson populaire bon marché, la bière est désormais une boisson conviviale, voire branchée. Tirées par l’explosion de l’offre, les ventes en GMS (environ 3,5 milliards d’euros) battent des records de croissance depuis quelques années avec les bières de spécialités (dont les bières artisanales) en stars des rayons. Les ventes de bières artisanales dans l’Hexagone auront ainsi représenté plus de 300 millions d’euros en 2018 et devraient encore bondir de 20% par an pour s’établir à 440 millions d’euros d’ici à 2020 (soit environ 7% du total), selon les calculs de Xerfi. Le réservoir de croissance est en effet considérable si l’on considère que les craft beers pèsent 11% des ventes de bières aux Etats-Unis, le marché de référence. De quoi aiguiser les appétits.

Multiplication des microbrasseries

En France, ce sont ainsi https://www.cialispascherfr24.com/medicament-cialis-20mg/ près de 1 000 brasseries qui ont été recensées en 2017 par l’Insee, contre à peine plus de 200 en 2009. A tel point que la France compte aujourd’hui plus de brasseries que le Royaume-Uni, deuxième producteur mondial de bières artisanales. Une multiplication qui répond à une tendance lourde de consommation favorable aux produits plus authentiques, plus naturels, locaux ou artisanaux et qui, devant la multiplication des microbrasseries, se traduira par de nombreuses défaillances. Les artisans brasseurs doivent donc se retrousser les manches pour pérenniser leur modèle économique.

Etre référencé en GMS

Etre référencé dans les rayons des supermarchés est ainsi un défi alors que le poids des bières industrielles est prépondérant et que les grandes surfaces représentent 80% des volumes de bières écoulés en France. Les experts de Xerfi ont ainsi identifié 201 bières industrielles commercialisées au sein de l’enseigne Auchan contre seulement 62 références artisanales. Sans oublier qu’une part significative du marché est aujourd’hui approvisionnée par les importations, notamment de bières artisanales belges, mais aussi américaines ou écossaises. Le deuxième défi à relever consiste à mener l’offensive sur les circuits CHR, pour l’instant verrouillés par les géants Heineken, Carlsberg et AB Inbev.

Pour contourner l’obstacle, certaines brasseries artisanales s’orientent vers les bars indépendants ou créent leur propre structure de vente. D’autres enfin misent sur les circuits alternatifs comme les détaillants spécialisés, les cavistes diversifiés, les épiceries fines, les marchés, les foires, les salons ou encore la vente en ligne. Mais les acteurs de la bière artisanale vont surtout devoir veiller aux assauts des géants mondiaux de la bière qui surfent eux aussi sur cette tendance pour doper leurs ventes.

Industriels et indépendants s’affrontent

Car l’essor du marché des craft beers a globalement profité aux grands industriels ces dernières années. Ils ont en effet réussi à développer leur offre de bières de spécialités, mieux valorisées, et ainsi à accroître leurs revenus. Une extension de l’offre qui emprunte de plus en plus les codes marketing du craft. Un bon moyen pour tirer parti de la confusion entre bières de spécialités et bières artisanales chez les consommateurs. Les industriels ont alors trois possibilités. Ils se sont en effet lancés dans une vague d’acquisitions de brasseries artisanales depuis 2016 en Europe, à l’image du Belge AB InBev, très actif en la matière. D’autres encore privilégient les partenariats de distribution avec les artisans brasseurs. Les industriels s’efforcent également de prendre le contrôle des circuits de distribution. Au-delà des contrats brasseurs, certains ont ainsi investi dans des plateformes de vente en ligne. Le Néerlandais Heineken a même racheté des réseaux de pubs en Grande-Bretagne. En toute logique, la tension est montée d’un cran entre industriels et brasseries artisanales. Ces deux catégories d’opérateurs ont alors engagé une guerre des labels pour se différencier. Sauf que cela risque d’accroître la confusion de consommateurs déjà confrontés à une offre pléthorique et ultrasegmentée.